Elle vit s’opposer l'armée française sous le commandement du maréchal de Luxembourg (au nom de Louis XIV) et les forces anglo-autrichiennes sous les ordres de Guillaume d'Orange. La victoire française fut au prix de nombreuses pertes, dans ce qui fut une des batailles les plus sanglantes du 17ème siècle.
L'impact de la première bataille de Neerwinden sur Hélécine fut total et désastreux, transformant la région en une zone de pillage et de souffrance sanitaire :
Neerheylissem et Ardevoor : Situé sur la ligne stratégique de la Petite Gette, le hameau d'Ardevoor fut le théâtre de combats spécifiques, notamment autour de son pont, lors de la retraite chaotique des Alliés. Le village subit le passage destructeur des troupes, entraînant la perte des récoltes et une grave famine, suivie d'une surmortalité due aux épidémies en 1694.
L'Abbaye d'Heylissem : D'abord submergée par les blessés (servant d'hôpital de fortune où furent soignés des officiers comme le prince Cantacuzène), l'abbaye fut ensuite victime d'une expédition punitive. Du 12 au 14 août 1693, les troupes françaises la saccagèrent méthodiquement, pillant le trésor, brûlant les archives et incendiant les bâtiments, ce qui nécessita sa reconstruction ultérieure.
Plan du champ de bataille de Neerwinden, 1693 - Hélécine est en bas à gauche
Entre l’armée impériale de la Monarchie de Habsbourg sous les ordres du prince de Cobourg et l’armée de la République française commandée par le général Dumouriez. Elle s'achève sur la défaite et la retraite des Français, mettant fin à la première occupation française de la Belgique. L'impact de la seconde bataille de Neerwinden fut destructeur :
Neerheylissem et Ardevoor : Position clé de l'aile droite française commandée par le général Neuilly, le village fut pris d'assaut par les grenadiers autrichiens. La retraite qui s'ensuivit transforma les rues et le pont d'Ardevoor en un goulot d'étranglement chaotique, livrant les habitations aux combats de rue et à la dévastation militaire.
L'Abbaye d'Heylissem : Elle subit une double peine. D'abord réquisitionnée comme hôpital militaire pour les milliers de blessés, elle fut ensuite méthodiquement saccagée par les troupes républicaines en déroute, mêlant nécessité logistique et idéologie révolutionnaire. Ce pillage (dont témoigne le vol de la cloche de l'Abbé Demanet, retrouvée plus tard en France) laissa les bâtiments exsangues, précipitant leur suppression définitive et leur vente comme biens nationaux en 1796.
Bien que battus, les Français revinrent l’année suivante, et à la suite de la victoire lors de la bataille de Fleurus, ils firent leur entrée triomphale à Bruxelles quelques jours plus tard, le 9 juillet 1794. C'est cette seconde occupation qui scella définitivement le sort de l'Ancien Régime dans la région, entraînant par la suite la suppression de l'Abbaye d'Heylissem en 1796.
Plan du champ de bataille de Neerwinden, 1793