Famille Sevenans, Chapitre 5: d'Attenhoven à Wommerson
Sur base de l’hypothèse défendue dans le dernier chapitre, reprenons l’analyse d’ascendance (interrompue à la fin du Chaptre 3) avec le baptême de Daniel Sevenans à Wommerson. Daniel serait donc né le 23 février 1659 à Wommersom, fils de Daniel Sevenans et Catherine Swinnen.
Traduction de l'acte de baptême de David Sevenans, 1659: Le 23 février 1659, a été baptisé Daniel Sevenans, fils légitime de Daniel Sevenans et de Catherine Swinnen. Les parrains et marraines furent Denis Swinnen et Catherine Snyers.
Daniel Sevenans (père) nait vers 1633 à Wommersom (acte de baptême non-disponible), fils de Gaspard Sevenans et Elisabeth Istas. Il se marie à Wommersom le 25 octobre 1632 avec Catherine Swinnen (e1628 – e1661). Ensemble, ils auront au moins trois enfants connus.
Traduction de l'acte de mariage de Daniel Sevenans et Catherine Swinnen, 1653 : Le 25 octobre 1653, ont contracté les fiançailles devant moi, Daniel Sevenans et Catherine Swinnen, avec comme témoins Henri Velthaens et Jeanne Sevenans la jeune et l’ainée ; et, les proclamations ayant été faites selon l’usage, ils ont contracté mariage en face de l’Église le 11 novembre, en présence d’Henri Velthaens, Michel Bonaerts et d’autres.
Contexte historique : Daniel était plus que probablement paysan, vivant ans un contexte marqué par les guerres, la pauvreté et la lente reconstruction. La région faisait alors partie des Pays-Bas espagnols, ravagés par la guerre de Trente Ans (1618-1648) puis par les campagnes de Louis XIV (1667-1678). Les troupes passaient souvent dans les campagnes, réquisitionnant vivres et bétail.
L’agriculture restait de subsistance : seigle, avoine, pois, lin et un peu de bétail ; les terres étaient louées à des seigneurs locaux ou à des abbayes. Les paysans vivaient dans de petites fermes en torchis et chaume, payaient la dîme à l’Église et des impôts lourds au pouvoir espagnol. Après la paix de Nimègue (1678), une période un peu plus stable s’amorça, mais les villages du Brabant demeuraient pauvres, pieux et fortement structurés autour de la paroisse et du rythme agraire.
Décès : Daniel Sevenans (père) décède le 14 juillet 1686 à Wommersom, à environ 53 ans - acte ci-dessous (« Le 14 juillet 1686, a été enseveli Daniel Sevenans, muni des sacrements requis. »)
Malheureusement aucun acte n’a été retrouvé pour ces 2 personnes.
Gaspard serait né vers 1595 à Attenhoven, village voisin de Neerlanden. Il s’y était marié à Elisabeth Istas (e1609 – e1640). Le couple partit pour Wommersom où il s’installa et ils eurent au moins trois enfants. Aucune information n’est disponible sur le métier qu’exerçait Gaspard, mais il est fort probable que Gaspard était journalier vu son départ pour Wommersom. Gaspard Sevenans décède à Wommersom vers 1637, à environ 42 ans.
Quant à son père, Renier, il serait né vers 1563 à Attenhoven, fils de Jacob (dit Robol) Sevenans et Catherine (dit la Grande) Hannaerts, originaires de Neerlanden. Il se maria à Attenhoven avec Kathlijne Istas (e1565 – e1615) avec qui il eut au moins deux enfants. Renier était probablement paysan. Il décède à Attenhoven vers 1610, à environ 46 ans.
Contexte historique : Ces deux personnes vécurent durant des temps troublés. À partir des années 1560, la région fut secouée par la Révolte des Pays-Bas contre le roi d’Espagne Philippe II : tensions religieuses entre catholiques et protestants, soulèvements populaires, puis Guerre des Gueux (1566-1585 – voir encart historique ci-dessous). Les troupes espagnoles et rebelles ravagèrent souvent la campagne : pillages, incendies d’églises et disettes étaient fréquents.
Après la prise d’Anvers (1585), le Brabant méridional (où se situait Attenhoven) redevint espagnol et catholique. Les habitants d’Attenhoven connurent alors une lente reconstruction sous le règne des archiducs Albert et Isabelle (1598-1621), avec un retour progressif à la stabilité religieuse et à la vie paroissiale. Néanmoins, la guerre de Trente Ans (1618-1648) raviva les difficultés : réquisitions, épidémies et famines.
Les paysans d’Attenhoven vivaient alors d’une agriculture traditionnelle — seigle, avoine, pois, lin, élevage modeste —, sous la dépendance de seigneurs locaux et de l’Église. Leur existence restait marquée par une grande piété, des impôts lourds, et la crainte constante des passages de troupes dans une région frontière convoitée.
La Guerre des Gueux désigne la grande révolte des Pays-Bas espagnols — dont la future Belgique — contre la domination des Habsbourg entre 1566 et 1585. Le mouvement naît d’une profonde tension religieuse, économique et politique : montée du calvinisme, crise économique, et durcissement de la répression imposée par Philippe II. En avril 1566, une délégation de nobles présente à Marguerite de Parme (la régente des Pays-Bas espagnols et demi-sœur de Philippe II) le Compromis des Nobles, pétition demandant la réduction des persécutions religieuses. C’est à cette occasion qu’un conseiller espagnol les qualifie de « gueux », terme que les insurgés adoptent comme emblème de résistance.
Parmi les grands acteurs de cette agitation figurent les comtes Lamoral d’Egmont et Philippe de Montmorency, comte de Hornes. Héros militaires, catholiques et longtemps fidèles au roi, ils tentent une voie modérée : préserver les privilèges locaux (les libertés brabançonnes), apaiser les tensions et convaincre Madrid qu’une politique trop dure mènera à la catastrophe. Ils ne soutiennent ni l’iconoclasme ni la révolte ouverte, mais critiquent les excès de l’Inquisition et la centralisation autoritaire.
L’année 1566 voit éclater la Furie iconoclaste (Beeldenstorm), lors de laquelle des foules détruisent statues et images dans de nombreuses églises. Cet épisode pousse Philippe II à envoyer le duc d’Albe avec une armée. Son arrivée en 1567 ouvre une période de répression sévère, marquée par le Conseil des Troubles, surnommé « Conseil de Sang ». Malgré leur loyauté à la monarchie, Egmont et Hornes sont arrêtés, jugés et exécutés sur la Grand-Place de Bruxelles le 5 juin 1568. Leur mort provoque un choc immense en Europe et transforme ces deux nobles modérés en martyrs de la liberté locale.
Dans les années qui suivent, la résistance s’organise sous l'impulsion de Guillaume d’Orange. Les Gueux de mer, corsaires insurgés, prennent plusieurs villes en 1572, offrant aux provinces rebelles une base territoriale solide. Alors que les Provinces-Unies au nord évoluent vers l’indépendance, les Pays-Bas méridionaux — majoritairement catholiques — oscillent entre tentatives de compromis et répression militaire.
La reconquête progressive menée par Alexandre Farnèse, duc de Parme, aboutit à la reddition des grandes villes du sud, dont la chute d’Anvers en 1585, événement qui referme l’Escaut et assure la prédominance commerciale d’Amsterdam. Les Pays-Bas méridionaux restent sous domination espagnole, mais la Guerre des Gueux laisse un héritage durable : affirmation des particularismes locaux, essor du sentiment politique, et mémoire poignante d’Egmont et Hornes, devenus symboles d’une lutte contre l’arbitraire et pour le respect des libertés.
Arbre généalogique des membres de la famille Sevenans discuté dans cette cinquième partie depuis Daniel, lien avec le chapitre précédent. Les portraits sont des images générées par ChatGPT pour un homme de 30 ans sur base des traits des descendants, de l’époque à laquelle il vivait et son métier.