Ce récit vise à rendre hommage à Marcel Dothée, ainsi qu'aux autres victimes du Rhenus 127. Nous remercions la fille de Marcel, Arlette Dothée, pour son témoignages et les documents portés à notre connaissance qui ont rendu possible ma lise en lumière de récit. D'autres sources sont aussi répertoriées au bas de cette page.
Marcel Dothée voit le jour en juin 1914 à Linsmeau. Il est le fils d’Édouard Dothée, lui-même victime d’un drame qui avait profondément marqué le village au début de la Première Guerre mondiale.
Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, Marcel Dothée est appelé sous les armes et sert comme sergent milicien au sein du 21e Régiment de Ligne. Il est chef de groupe du 1er peloton de la 9e compagnie.
Au terme de la campagne des dix-huit jours, l’armée belge est contrainte de capituler. Comme des dizaines de milliers d’autres soldats belges, Marcel est fait prisonnier. Le 26 mai 1940, il est capturé les armes à la main sur la Lys, à Dentergem, en Flandre occidentale.
Bataille de la Lys - 24 au 27 mai 1940
Commence alors pour lui une longue marche vers la captivité. Les prisonniers belges sont conduits, sous bonne garde allemande, par Houtem, Termonde et Moerbeke, dans des conditions extrêmement pénibles. Épuisés par plusieurs semaines de combats et de déplacements, insuffisamment nourris et assoiffés, ils avancent sur les routes des Flandres. Un témoignage publié en 1950 évoque pour ces soldats un ravitaillement réduit à environ un quart de pain bis par jour, tandis que l'eau manque cruellement ; des civils leur tendent parfois un bol d'eau ou quelques tiges de rhubarbe.
La colonne de prisonniers finit par gagner Willemstad, aux Pays-Bas, après avoir rejoint le port de Walsoorden. Les Allemands ont en effet choisi d'utiliser les voies navigables néerlandaises pour acheminer vers l'Allemagne une partie des prisonniers belges. Les ponts belges ont été détruits et le réseau ferroviaire est en grande partie paralysé ; le transport par bateau permet donc de poursuivre plus facilement leur transfert vers le Reich, en remontant ensuite le Rhin.
Le 30 mai 1940, quatre grandes allèges destinées au transport de charbon et de ciment quittent le petit port de Walsoorden. Elles sont chargées de prisonniers de guerre belges. Les témoignages recueillis après la guerre donnent des chiffres quelque peu différents quant au nombre exact d'hommes embarqués : Le Soir parle de 1 500 à 1 600 prisonniers par bateau, tandis que La Dernière Heure évoque près de 1 500 hommes à bord de chacune des quatre allèges. La plaque commémorative du cimetière d'honneur belge de Willemstad mentionne pour sa part 1 200 passagers à bord du Rhenus 127.
Les prisonniers sont embarqués et entassés sur les péniches (photos du 30 mai 1940)
Les hommes sont entassés dans des conditions particulièrement éprouvantes. Certains se trouvent dans les cales, parmi la graisse, l'huile et la poussière de charbon. Après les marches forcées et les combats des semaines précédentes, ils sont harassés, affaiblis par la faim et accablés par la défaite. Beaucoup ignorent encore quel sera leur sort et combien de temps durera leur captivité.
Parmi eux se trouve Marcel Dothée.
Le Rhenus 127, un bateau relativement récent dont les armateurs étaient autrefois fiers, est le deuxième bâtiment du convoi. Les quatre allèges progressent lentement à travers les voies navigables néerlandaises. Elles traversent successivement le Volkerak puis le Hellegat, littéralement le « Trou du Diable », avant de se diriger vers Willemstad, sur le Hollands Diep.
Personne à bord ne sait encore que le voyage va tourner à la catastrophe.
Le Rhenus 127 (photo de mai 1940)
Depuis le début de l'invasion allemande, les eaux de cette région sont dangereuses. Selon l'article du Soir, une dizaine de mines magnétiques avaient été larguées dans le secteur par l'aviation allemande dès le 10 mai 1940, afin d'empêcher la navigation. Le même article souligne tragiquement que, malgré la présence de ces mines, les quatre allèges chargées de prisonniers belges furent envoyées dans ces eaux.
Il est environ 19 h 30 lorsque le convoi approche de Willemstad. Dans la petite cité portuaire, les habitants se préparent à leur repas du soir. Beaucoup espèrent ensuite écouter à la BBC les dernières nouvelles de la guerre.
Soudain, une formidable explosion retentit.
Le Rhenus 127 vient de heurter une mine magnétique allemande.
La déflagration est si puissante qu'elle ébranle Willemstad et ses environs dans un rayon de plus de dix kilomètres. Les vitres encore intactes de nombreux bâtiments volent en éclats, des plafonds s'effondrent et certains murs déjà fragilisés s'écroulent. La fumée et le bruit plongent immédiatement la population dans la stupeur. Puis les sirènes se mettent à hurler et, depuis le port, montent les cris des survivants appelant au secours.
Le Rhenus 127 est littéralement coupé en deux. Le bateau se brise au milieu comme sous l'effet d'un gigantesque coup de hache. Une fumée âcre s'en échappe tandis que le navire sombre rapidement. L'arrière disparaît presque immédiatement dans les flots, entraînant avec lui une partie des prisonniers. L'avant reste momentanément à flot et des hommes désespérés s'y accrochent.
Des corps sont projetés hors du bateau jusque dans les airs, à hauteur des maisons. Dans l'eau, des centaines d'hommes tentent de survivre. Certains sont gravement blessés, d'autres ont été mutilés par l'explosion. Des prisonniers, malgré leurs propres blessures, essaient de sauver leurs camarades. Beaucoup sautent à l'eau dans l'espoir de gagner la rive ; plusieurs ne remontent jamais à la surface.
Le drame se déroule à environ 500 mètres de la côte, selon le récit du Soir. Dès qu'ils comprennent ce qui vient de se produire, les habitants de Willemstad se précipitent vers le rivage. Les pêcheurs mettent leurs barques à l'eau et se dirigent sans hésitation vers le lieu du naufrage.
Les trois autres allèges du convoi, épargnées par la mine, participent également au sauvetage. Elles recueillent dans leurs sillages les hommes qui nagent désespérément. Quelques vedettes et bateaux à moteur allemands présents dans le port viennent également prêter assistance. Un témoin rapporte même avoir vu un sauveteur allemand ramener un prisonnier belge en le tenant par les cheveux avec ses dents, tout en soutenant un autre homme d'un bras et en nageant de l'autre.
Premiers secours après l'explosion (photo du 31 mai 1940)
Au moment de l'explosion, Marcel Dothée se jette à l'eau.
Il parvient à échapper au navire en train de sombrer, mais il est grièvement atteint. Il souffre notamment d'une blessure à la tête et aux mains, de fractures aux pieds ainsi que d'une forte commotion. Malgré cet état, il lutte pour rester à la surface.
À bout de forces, il est finalement recueilli par une barquette de sauvetage.
Son expérience rejoint celle de centaines d'autres rescapés. Le sauvetage est particulièrement difficile car le bateau éventré libère dans l'eau une grande quantité d'huile noire. Les mains des survivants deviennent grasses et glissent lorsqu'on tente de les tirer hors de l'eau. Les sauveteurs doivent souvent les saisir par leurs vêtements pour parvenir à les hisser dans les embarcations.
Certains prisonniers parviennent également à gagner la rive à la nage. Les habitants les recueillent et tentent de soulager leurs souffrances. Les blessés sont installés sur les quais en attendant de pouvoir disposer de locaux permettant de les soigner. Le docteur Schiphorst, médecin de Willemstad, se distingue particulièrement, assisté par des médecins et des infirmières venus des environs.
Marcel, lui, reçoit les premiers soins au seul poste de la Croix-Rouge alors installé sur place.
Secours de la Croix-Rouge - Willemstad - 31 mai 1940
Pour les habitants de Willemstad, la catastrophe ne s'arrête pas avec le sauvetage des premiers survivants.
Sur les quais s'entassent les victimes. Les habitants organisent spontanément une aide considérable. Ils fournissent linge, vêtements, draps, nourriture et boissons aux rescapés et aux blessés. La population locale, elle-même confrontée depuis quelques semaines aux conséquences de l'occupation allemande, fait preuve d'un remarquable dévouement.
Premiers secours sur les quai de Willemstad - 31 mai 1940
La nuit est rythmée par les pleurs, les lamentations et les appels au secours. De nombreux blessés souffrent de traumatismes internes particulièrement graves : fractures de la colonne vertébrale, membres brisés, fractures du crâne et autres blessures provoquées par l'explosion et le naufrage.
Les moyens médicaux et de transport sont très limités. Les rares voitures particulières disponibles emmènent certains blessés vers les établissements hospitaliers d'Oudenbosch, Breda ou Steenbergen. Ce n'est que le lendemain que des moyens sanitaires allemands arrivent sur place pour prendre en charge une partie des blessés. L'article du Soir rapporte qu'ils n'arrivent que le soir suivant, tandis que La Dernière Heure indique qu'une colonne allemande vient chercher environ 200 blessés le lendemain.
Marcel Dothée est quant à lui transporté à l’hôpital Sainte-Elisabeth d’Oudenbosch, aux Pays-Bas. Il y est pris en charge par le docteur Van Son, qui le soigne durant plusieurs semaines.
Blessés hospitalisés à Oudenbosch (Photo d'époque restaurée)
Mais alors que Marcel et les autres blessés sont encore en convalescence, la situation devient soudainement beaucoup plus préoccupante. Les autorités allemandes viennent en effet à l’hôpital avec l’intention d’évacuer les rescapés et de les envoyer en Allemagne. Pour Marcel, qui porte encore un plâtre et est loin d’être complètement rétabli, cette perspective signifie un nouveau départ forcé, dans des conditions particulièrement incertaines.
C’est alors qu’intervient Madame Boonen, une femme qui rend régulièrement visite aux blessés de l’hôpital. Soucieuse de leur éviter d’être emmenés en Allemagne, elle accepte de prendre chez elle plusieurs blessés encore immobilisés, dont Marcel, afin de les soustraire à cette évacuation. Elle parvient ensuite à organiser leur passage clandestin vers la Belgique, sans papiers, en trouvant un moyen de leur faire franchir la frontière et de rejoindre Anvers.
Depuis Anvers, Marcel trouve finalement une autre aide providentielle. Un camion chargé de denrées alimentaires, qui se rend à Saint-Trond, accepte de l’emmener. Le véhicule fait route vers le Limbourg et peut déposer Marcel à Tirlemont, sur son itinéraire. Il peut ainsi enfin regagner sa région et retrouver les siens.
Ces événements se déroulent entre la fin du mois de mai et la fin du mois de juillet 1940. Après plusieurs semaines passées entre les soins, la convalescence, la clandestinité et les différents moyens de transport qui lui permettent de rentrer, Marcel Dothée retrouve finalement son foyer le 23 juillet 1940, après une épreuve qui aura duré près de deux mois.
Le bilan humain du drame du Rhenus 127 est difficile à établir avec une totale précision. Les documents disponibles ne donnent pas tous le même chiffre.
La Dernière Heure, dans son article de 1950 fondé notamment sur le témoignage d'Ernest Hellin, ancien passager du Rhenus 127 et lui-même blessé lors de l'explosion, parle de 134 morts, de plus de 200 blessés et d'un nombre indéterminé de disparus dont certains noms demeurent inconnus. Le bilan n'a pu être établi qu'après le renflouement du bateau, plusieurs jours après la catastrophe.
Mais les recherches et les commémorations ultérieures donnent d'autres chiffres.
Le Soir évoque 164 soldats belges morts et enterrés à Willemstad. Il précise que les corps furent longtemps rejetés sur les berges par la marée : pendant près d'un mois, de nouvelles dépouilles vinrent ainsi rappeler l'ampleur de la catastrophe. Devant cette situation, il fallut finalement procéder à une inhumation collective dans une fosse commune du cimetière communal.
La plaque commémorative du cimetière d'honneur belge de Willemstad apporte encore une autre indication. Elle précise que 158 militaires belges reposent dans ce cimetière, parmi lesquels les victimes du Rhenus 127. Elle indique que le bateau transportait 1 200 passagers, que quelque 167 militaires périrent, que la plupart furent enterrés à Willemstad et que des dizaines de militaires ne furent jamais retrouvés. Elle précise également que tous les militaires belges enterrés dans ce cimetière ne sont pas nécessairement morts dans la catastrophe du Rhenus 127 : certains avaient péri ailleurs aux Pays-Bas.
Ces différences s'expliquent probablement par les moments différents auxquels les bilans ont été établis, par la difficulté d'identifier les corps et par le fait que certains disparus n'ont jamais pu être retrouvés. Elles témoignent surtout de l'ampleur et du caractère chaotique du drame.
Tombes des soldats décédés lors du drame, Willemstad (photo de juin 1940)
Une liste de victimes, publiée par La Dernière Heure en 1950 et communiquée à Ernest Hellin par l'infirmière néerlandaise qui le soignait durant son séjour hospitalier, comporte elle-même une réserve : le journal précise qu'elle est peut-être incomplète et qu'elle n'avait jusque-là jamais été publiée.
Depuis lors une liste plus complète, comprenant entre autres - pour la plupart des personnes décédées - leur nom, origine et photo, est disponible sur le site accessible via ce lien.
Le drame du Rhenus 127 ne signifie pas pour autant la fin de l'épreuve pour les survivants. Ceux qui ont échappé au naufrage sont finalement repris et poursuivent leur route vers la captivité allemande. La plaque commémorative rappelle que les survivants, après avoir été accueillis et soignés dans les environs, furent ensuite déportés comme prisonniers de guerre.
L'histoire du Rhenus 127 est donc celle d'une catastrophe qui se produit au milieu d'un parcours de captivité déjà particulièrement éprouvant. Pour les prisonniers, l'explosion transforme en quelques secondes un transfert militaire en un combat désespéré pour la survie.
Pour les habitants de Willemstad, elle devient au contraire l'occasion d'un immense élan de solidarité. Le Soir insiste particulièrement sur le courage et la générosité de cette population qui, malgré l'occupation allemande et les risques qu'elle encourait, se mobilise spontanément pour porter secours aux soldats belges. Le journal voit dans cet épisode une page d'histoire humanitaire marquante et dans l'attitude de Willemstad un symbole de la solidarité entre les populations belge et néerlandaise.
Soldats survivants du drame, photo du 31 mai 1940
Marcel Dothée survit donc au naufrage, mais il n'en sort pas indemne.
Les blessures subies cette soirée du 30 mai 1940 — traumatisme crânien, blessures aux mains, fractures des pieds et forte commotion — lui laissent des séquelles à vie.
Pourtant, cette épreuve ne l'empêchera pas de reprendre une vie professionnelle et familiale. Dès octobre 1940, quelques mois seulement après son retour, Marcel devient Préfet à l'Athénée Royal de Jodoigne. Il y exerce jusqu'en juin 1974, devenant au fil des années un membre apprécié et reconnu de l'établissement.
Corps professoral de l'Athénée Royal de Jodoigne, années 50. Mr Dothée est indiqué d'un cercle rouge.
Ainsi, derrière les chiffres du drame du Rhenus 127 se trouve aussi l'histoire singulière d'un homme de Linsmeau. Marcel Dothée aurait pu disparaître dans l'anonymat des centaines de prisonniers belges engloutis ce soir-là dans les eaux du Hollands Diep. Il en réchappa pourtant, au prix de blessures qui devaient l'accompagner toute sa vie.
Marcel Dothée n'était d'ailleurs pas le seul homme originaire de l'actuelle commune d'Hélécine à se trouver à bord du Rhenus 127.
Parmi les prisonniers se trouvaient également Jules Raymakers (1910–2004), père de Denise Raymakers, mais aussi Jules Wanten (voir "L'Odyssée de Jules & Warka"). Eux aussi furent embarqués des péniches de transport ce 30 mai 1940, maus eurent la chance de ne pas se trouver à bord du Rhenus-127.
Trois Hélécinois (et peut être plus) se trouvaient donc dans le même convoi, au même moment, dans cette soirée tragique de mai 1940 : l'un en ressortit grièvement blessé et marqué pour le restant de ses jours ; les deux autres eurent plus de chance.
La mémoire des soldats belges morts dans la catastrophe fut entretenue à Willemstad après la guerre. Les dépouilles furent regroupées dans un cimetière d'honneur belge, établi sur la digue même depuis laquelle on pouvait autrefois voir le lieu du drame. En 1950, Le Soir annonçait l'installation d'un monument destiné à rappeler les noms des victimes. Le journal rapportait que l'inscription devait proclamer :
« Ils ont versé leur sang pour leur pays, ils l'ont fait aussi pour le nôtre. »
Le monument devait être inauguré le 29 mai 1950, à la veille du dixième anniversaire de la catastrophe, en présence notamment de M. De Vleeschauwer, ministre de l'Intérieur de Belgique, et de M. Schokking, ministre de la Guerre des Pays-Bas, ainsi que de nombreuses autorités belges et néerlandaises. Une messe devait être célébrée sur le bateau lui-même, entre-temps complètement reconstruit.
Le bourgmestre de Willemstad, C.-R. Van der Hooft, ancien résistant néerlandais, joua un rôle important dans la préparation de ces commémorations. La ville entendait ainsi rendre hommage aux soldats belges mais aussi rappeler le geste de solidarité accompli spontanément par ses habitants au soir du 30 mai 1940.
Aujourd'hui encore, le cimetière d'honneur belge rappelle cette tragédie. Sa plaque commémorative résume sobrement le destin des victimes : le 30 mai 1940, en route vers un camp de prisonniers de guerre en Allemagne, le Rhenus 127 heurta une mine magnétique et se brisa en deux avant de sombrer en quelques secondes. La plaque rappelle également que des dizaines de militaires ne furent jamais retrouvés.
Pour l'histoire d'Hélécine, le drame du Rhenus 127 possède une dimension toute particulière. Il relie, dans une même tragédie, Marcel Dothée de Linsmeau et Jules Raymakers d'Ardevoor, deux hommes qui avaient quitté leur région comme soldats belges et qui se retrouvèrent, le 30 mai 1940, prisonniers sur un bateau promis à la catastrophe.
Marcel Dothée survivra encore longtemps après son retour à la vie civile. Ses blessures ne l'empêcheront pas de consacrer une longue carrière à l'enseignement à Jodoigne. Mais derrière l'enseignant apprécié de plusieurs générations d'élèves demeurera toujours le souvenir de cette soirée de mai 1940, lorsque, au milieu des eaux du Hollands Diep, un jeune sergent de Linsmeau dut lutter pour sa vie après l'explosion du Rhenus 127.
Merci à Arlette Dothée pour son témoignage et les précieuses informations communiquées. Autres sources:
Le Soir, numéro du 17 mai 1950.
La Dernière Heure, numéro du 6 juin 1952.
Meetjesland 1940, « 30 mei 1940 – de scheepsramp in Willemstad ».